Aujourd'hui, Kayak...
Autant l'année dernière on avait campé joyeusement, autant aujourd'hui on a canoté...
On était une petite vingtaine à partir ainsi sur le canal St-Martin, qui en bateau électrique, qui en canöé, qui en kayak : toute une aventure!
Déjà, parce que les bateaux, il a fallu les descendre du toit des voitures, puis les mettre à l'eau, puis s'occuper des affaires, puis s'arranger pour maneuvrer, à 4, le gros canöé (3 places) afin de ne pas se faire bousculer par le reste de la flottille à moteur...
Juste avant la deuxième écluse, que l'on s'apprêtait à passer à pieds en transportant les bateaux légers, pieds nus, le long du chemin caillouteux pendant que "les vieux" attendaient le passage dans leurs engins, on a décidé de faire une pause repas, ce qui signifiait en gros : "voilà un petit espace herbeux (foineux plutôt) le long du chemin, on s'y installe tous". On a donc déballé nattes, paniers, gateaux, lait ribo (!) assiettes et chien (ben oui, la pauvre Lolotte n'aurait pas supporté de rester dans la voiture, alors Catherine est repartie -sur le vélo de maman- la chercher), et on a commencé à baffrer, passant d'un saladier à l'autre d'une étrange démarche de pingoin due aux entrées d'eau intempestives dans le fond des petits bateaux, et, accessoirement, de nos pantalons... et sous les yeux amusés de l'éclusier et des passants honnêtes.
Après ce festin, retour à l'eau, remise du pantalon trempé et passage dans le kayak jaune de Ida, qui se révèle étonnement maniable par rapport au gros canöé rouge, et sur lequel je m'amuse à faire tours et détours et aussi la course avec les électriques (course gagnée).
Cependant, au bout d'un moment, juste avant la troisième écluse (déjà 13 km de parcourus!), ma chère maman, depuis son vélo hollandais, nous crie de faire demi-tour afin de revenir à rennes à l'heure.
C'est donc le voyage du retour qui s'engage, et moi, infatigable, je continue bravement sur mon petit navire la traversée de l'Amazone, périple dangereux s'il en est, ma petite pirogue instable résistera-t-elle à l'assaut des crocodiles?, le pirhana que j'aperçois là bas va-t-il me croquer toute crue?
Perdue dans mes rêveries, il me faut cependant revenir à la réalité quand William, depuis le canöé qui m'avait rejoint, me demande de changer de place : on échange donc au beau milieu du canal, remplissant au passage l'engin d'une eau brunâtre qui, évidemment, va se loger dans le creux prévu...pour mon pauvre derrière : pateaugeant tant bien que mal, manquant de synchronisation, nous arrivons tout de même à l'écluse, où il nous faut tout remonter, tout retransporter...
Après l'écluse, changement de rôles : le nouvel équipage du canöé se dote d'un maneuvreur hors pair à l'arrière et une nouvelle technique de synchro, alliée à des cris barbares ("Eeeet un, et deuuuuux, et troiis, et quatre..."), nous permet de passer du stade "gros balourd" au stade "engin de course", et, après avoir atteint une vitesse proche de celle des kayaks, nous dépassons enfin le véhicule à moteur piloté par Olivier, un Olivier qui, dégouté, prend les rames...mais nous sommes trop rapides : il ne se fera jamais de raison...
Après cela, re-écluse et petite pause gouter qui prend des allures pantagrueliques, et l'équipage re-change, voilà que je me retrouve à l'arrière à faire le gouvernail...petit retour tranquille qui nous permet de faire la sieste, malgré ma position inconfortable : la place sur laquelle je suis, normalement, c'est pour les bagages...
Et me voici perclue d'ampoules au mains, de courbatures énormes aux épaules, aux bras et aux abdos, d'un bronzage qui aurait pu être éclatant s'il n'était pas aussi rougeâtre, et d'ongles noirs de crasse...et 25 km dans les bras...
...à vous raconter ma vie.
Que voulez-vous! bientôt je ne pourrai plus le faire...